Coudre sur une île : gestes textiles à La Réunion au début du XXe siècle

Dans la Réunion du début du XXe siècle, bien avant l’abondance textile et les vêtements standardisés, l’aiguille faisait partie du quotidien.

On cousait à la maison.

On reprisait les uniformes.

On ajustait les robes de fête.

On rallongeait les ourlets des enfants qui grandissaient trop vite.

Le vêtement n’était pas un objet jetable mais un bien précieux, parfois rare, que l’on entretenait avec patience.

Dans de nombreux foyers réunionnais, les femmes détenaient ce savoir discret : coudre un bouton, raccommoder une déchirure, transformer un tissu usé en tablier, en chemise légère ou en linge de maison. Le fil et l’aiguille occupaient une place presque utilitaire, au même titre que les ustensiles de cuisine ou les outils du jardin. 

L’influence des étoffes venues d’Europe, d’Inde ou de Madagascar se mêlait alors aux réalités de l’île : chaleur, humidité, économie de moyens, transmission familiale.

On portait peu, mais on gardait longtemps.

Chaque couture racontait moins la mode que l’usage :

un pli repris,

une manche consolidée,

une robe transformée pour une sœur cadette.

Cette couture du quotidien n’avait rien de spectaculaire.

Elle était lente, humble, invisible parfois.

Et pourtant, elle disait déjà quelque chose d’essentiel :

la valeur du fait main,

du temps donné à la matière,

et du soin porté à ce que l’on choisit de conserver.

À une époque où tout circule vite, il est doux de se souvenir que sur cette île, longtemps, on a cousu pour durer.

Sources: Gran guèl - A La Réunion l’art perdu du raccommodage en histoire

Forget Me not : Une chronologie animée sur l’évolution du vêtement au 19e siècle.


Glad Rouveau

Créatrice d’une marque de vêtements & de petits accessoires pour femmes.

Éthique et eco-responsable.

L’ensemble du vestiaire est cousu localement à La Réunion.

https://www.lapresmidi.net
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La mode éthique : entre idées reçues et réalité